Site Officiel de la mairie de Chaumes en Brie

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Abbaye Royale Saint-Pierre de Chaumes en Brie

L'Abbaye fut fondée sur l’initiative de saint Germain, évêque de Paris, et a été le lieu d’inhumation du corps de saint Domnole, évêque du Mans. Saint Germain, ayant une vénération particulière pour saint Symphorien, martyr de la ville d'Autun, donna ce nom à l'abbaye lors de sa fondation. Cette abbaye bénédictine percevait les dîmages sur Chaumes, les halles de Chaumes, Arcy, Courtemer,La Grange Saint-Père, Maurevert, Verneuil, Coubert, Grisy, Ozouër-le-repos,La Fermeté, Fontenay, Marles et Les Grands Champs.

feuille acanthe

Chronologie

 

Une question demeure : pourquoi, dans le nécrologue de l’abbaye, le bénédictin Robert, qui vivait au douzième siècle, est-il mentionné comme premier abbé ? La réponse vient peut-être du fait que les Normands la ruinèrent vers 888.

 

Elle fut alors privée de religieux jusqu’au douzième siècle où elle fut restaurée par Dom Hugon, seigneur de Tournan.


Les Anglais la saccagèrent durant la guerre de Cent Ans et furent suivis en cela par les ducs de Bourgogne.
Ses ruines furent réparées.

 

En 1567, les calvinistes en prirent possession, du moins pour les bâtiments nouvellement reconstruits. Ils pillèrent le trésor, fondirent l'argenterie sur une tombe que l'on voyait encore avant la démolition de l'église, vis-à-vis de la porte du chœur dans la nef. Ils jetèrent au feu la mâchoire de saint Blaise qui, dit-on, en sortit miraculeusement intacte et fut ramassée par Jean Bridou, natif de Melun, religieux déguisé. Elle fut remise dans le trésor après le départ de l'amiral d'Andelot, qui avait logé chez Jacques Desmoulins, bourgeois.

 

A partir de 1593, le monastère resta plus de vingt ans sans religieux, des intrus en ayant pris possession jusqu’en 1616.
Par la suite le calme se réinstalla jusqu’en 1748, date à laquelle les religieux quittèrent l’abbaye. Les abbés commendataires furent supprimés en 1790.

 

fouille archéologique

La fin de l'Abbaye

"Le fait de nommer à la commende de l’abbaye un abbé étranger à la vie du cloître et de lui donner la plus grande partie des revenus du monastère portera une atteinte profonde et capitale aux institutions de l’abbaye". Tel était l’avis du comte de Montalembert. Et de fait, l’abbaye se désertifie. 


A tel point que plusieurs enquêtes seront, si l’on peut dire, commandées par les hautes instances religieuses pour savoir s'il est souhaitable de laisser l’abbaye ouverte. Il est vrai qu’en 1747 et suivant un décret archiépiscopal, il ne restait plus que cinq religieux, relativement âgés et d'une santé toute relative. Ce même décret archiépiscopal supprime conventualité, mense et places monacales ainsi que les bénéfices . Pour fermer définitivement l’abbaye, il fallait encore le consentement du roi. 
Ce consentement arrivera après qu’une enquête de commodo et incommodo aura été diligentée. Cette enquête consistait à obtenir les consentements des religieux et officiers claustraux ainsi que des curés, échevins, conseillers, marguilliers et habitants de Chaumes. 


Après quoi, le Parlement arrêta sa décision et la soumit au roi. Par lettres patentes du roi Louis XV, le 3 octobre 1747, et un arrêt du Parlement du 8 mars 1748, la mense monacale fut supprimée. Ce dernier confirma " la suppression et l’extinction pour toujours de la conventualité, mense conventuelle, places monacales, bénéfices et offices claustraux de l’abbaye de Saint-Pierre de Chaumes en Brie". Il y avait eu, le 25 avril 1748, réunion avec le curé, les marguilliers et les notables du village. Leur consentement avait été envoyé le 26 avril. L'information avait été diffusée auprès des habitants. L'abbé Jean Cousturier gardait ses droits seigneuriaux et de justice. 


En 1757, la foudre tomba sur l'église et brisa les orgues. L'abbaye fut conférée à l'abbé Collet le 8 septembre 1770, puis à l'abbé Rigaud jusqu'à la révolution, époque à laquelle les bâtiments furent vendus comme biens nationaux. Après avoir reçu les lettres de confirmation de l’extinction de la mense monacale, les bénédictins de Chaumes se retirèrent dans d’autres abbayes pour certains, ou furent nommés prieurs curés. Un petit séminaire, rattaché à celui de Sens, fut installé dans les bâtiments. 
Le début du 19ème siècle livra à l’abandon les anciens bâtiments et murs de clôture qui tombaient bientôt en ruines. Elle servira comme carrière de pierre aux habitants de Chaumes. 


Les bâtiments, ou ce qu'il en restait, revinrent à M. Sensier en 1815. Peu à peu, il fit mettre en valeur les jardins en y aménageant des ponts, un bassin de retenue… On y trouvait aussi la fontaine Saint-Dôme. 


En 1830, une école d'enseignement mutuel a été fondée dans les bâtiments aux frais des principaux habitants du village. 110 élèves y recevaient gratuitement l'enseignement primaire sous la surveillance continuelle des fondateurs. Il ne reste plus rien aujourd’hui, hormis quelques vestiges retrouvés lors de la construction du groupe de l’abbaye dans lequel nos enfants suivent leurs chères études primaires.

ossements découverts

Ce qu'il en reste...


L'Abbaye Saint-Pierre de Chaumes n'existe plus ; pourtant les Calmétiens désignent toujours le Château, devenu une belle "Ecole Maternelle", sous le nom d'Abbaye.

 

En 1791, le Directoire du District de Melun mettait en vente le Domaine de l'Abbaye, tout ce qui était à l'intérieur des murs et …même un peu plus. M. et Mme Paulmier se portaient acquéreurs.

 

En 1807, le domaine est racheté par M. et Mme Landais. En 1815, Madame Landais, devenue veuve, donne l'Abbaye à l'un de ses parents, M. Sensier, notaire à Paris ; ce doit être le même qui deviendra maire de Chaumes pendant quelques années et que remplacera ensuite M.Quinton.

 

En 1838, M.Sensier est obligé de vendre. M. et Mme de Cailliau signent l'acte d'achat le 7 juillet 1838. Mme de Cailliau étant morte en 1845, M. de Cailliau et sa fille Mme d'Andigné laissent à Mme Dumont tous pouvoirs à l'égard du domaine. Cette dame démembre alors la propriété qui n'est plus que ruines. Un lot est cédé à la commune de Chaumes pour réaliser la Rue Dumont. Cinquante hectares sont vendus à Mme Labbé ; dans l'acte de vente, on parle "… des décombres d'une partie de la maison de l'abbé". Il ne restait plus que le bâtiment nord, celui qui comportait l'escalier monumental, un rez-de-chaussée où se trouvait la "chapelle privée" de l'abbé avec ses sacristies. On signalait, dans un état des lieux au moment de la Révolution, que ces sacristies se trouvaient dans les tourelles à l'est ; les travaux faits il y a une quinzaine d'années montrent qu'elles sont anciennes.
Oubliés des uns, ignorés des autres, d'importants vestiges existaient encore enfouis dans le sol.

 

En 1994 la construction de l'école, à l'emplacement de l'ancienne abbaye, a bien faillit faire disparaître les dernières traces d'un passé si riche. La détermination de quelques Calmétiens a permis, avec l'aide du Service d'Archéologie de Seine et Marne, de sauver d'un massacre certain quelques pages de l'histoire mouvementée de l'abbaye.

 

Dénommée " Groupe scolaire de l'Abbaye", l'école est inaugurée le 18 novembre 1995. Dans le hall de l'entrée, de belles pierres sculptées et une documentation historique, nous rappellent quel monument remarquable était l'abbaye Saint-Pierre-de-Chaumes.